La Marmotte 2019, l’Arrivée est une Délivrance (par Laurent Lecoiffier) : (3ème chapitre)

Troisième et dernier chapitre de La Marmotte 2019 vue de l’Intérieur par Laurent Lecoiffier que nous remercions pour le récit de son parcours au sein de l’équipe ACS qui a parfaitement réussit cette Grande Aventure sportive et humaine :

« Du Galibier à 2600 mètres de dénivelé, on passe au Lautaret environ 2000 m à Bourg d’Oisans qui se trouve à 700 m environ de dénivelé au-dessus de la mer….. Je dis cela car une fois arrivé donc à Bourg d’Oisans, j’ai eu une impression de rentrer dans un four à 90 degré……

J’attaque l’Alpe D’Huez, super motivé, je grimpe la première ligne droite bien, 34-30 nickel, on tourne, premier virage, et là c’est vraiment le drame, je ne peux plus, plus rien répond, un truc de fou… obligé de m’arrêter, juste horrible, je me reprends, je m’étire et je repars …. Pour 10 mètres crampes des 2 cuisses, alors je me décide à marcher mais rien, j’arrive plus à manger, le ventre me fait souffrir horriblement, je réfléchis : reste à peine 12 km, je marche à 3 ou 4 à l’ heure, il est 15h, il fallait être avant 18h15 en bas de l’Alpes D’Huez donc je suis bien niveau délais, mais si je marche jusqu’en haut, je risque de ne pas avoir ma Médaille de Finisher, alors la non, donc je remonte sur le vélo pour 500 mètres puis je remarche, puis je remonte ainsi de suite, je prends des douches intégrale car au ravitaillement avec le tuyau d’arrosage, je suis carrément en surchauffe à cause de ce soleil de plomb, mais hors de question d’abandonner, non le Gros, moi je vais y arriver,  la veille de mes 40 ans, on est pas un zéro chez les Lecoiffier !!! Alors je remonte de nouveau sur le vélo, je me masse les cuisses pour que les crampes passent et je vois « Arrivée 4 km », cela devient bon, toujours sur le vélo je vais jusqu’au km 3 de l’arrivée, et rebelote d’un seul coup je m’arrête pris encore de crampes, je hurle, j’ai mal et à côté de moi, un mec s’écroule sur son vélo, 2 gars l’aident à l’assoir, wahooouuu on est des fêlés !!! bref je veux reprendre mon énergie, un Etranger derrière moi ne pas vu m’arrêter et me fonce dedans, la roue avant dans le mollet, je gueule, je l’insulte sur le coup, lui doit aussi m’insultait mais j’ai rien compris mdr. Bref il repars, moi je marche sur 800 mètres et là je vois mon pote Vincent (Vittecoq) qui m’encourage, je le regarde, mec je suis mort, il marche à côté de moi, et me dit allez on remonte sur le vélo, oui mon héros (ce mec c’est mon idole, il a fait un iroman et celui d’Embrun en plus) alors je dois pas le décevoir….

Enfin je vois les premières maisons du Vieil Alpes, les gens qui t’encouragent, des gens au bar, je vois une bonne bière, je rigole avec des étrangers, je reçois des textos de ma femme, que j’ai envoyé chier 1h avant en bas d’ Alpes car j’en pouvais plus, j’en reçois des amis, qui m’encourage aussi (ma femme a transmis le message que j’étais mal) alors j’appuie sur les pédales mais une dernière crampe arrive avant la ligne Strava de l’Alpes, alors je me pause une dernière fois : ARRIVEE 1 Km !!!!

Cela redescend puis remonte c’est presque gagné, je vois l’Arche, c’est fait 10h04 après le départ, me voilà Finisher pour la première fois de ma vie sur La Marmotte, juste avant mes 40 ans, je l’ai fait, je l’ai réalisé, on me donne la Médaille, je pleure sous mes lunettes Oakley, je me contrôle plus, je fais que chialer, par la douleur, le manque de ma mère, je pense à mon père à l’EPHAD qui n’a jamais fait cela et pourtant un c’est un grand sportif, je pense à mes enfants fiers de leur papa, à ma femme qui me laisse m’entraîner toute l’année, qui partage ma passion au maximum, je pense à tous cela, des émotions fortes, c’est fou et je suis tout seul, fait chier mais je l’ai fait, j’ai Ma Médaille !!!!!

Ensuite je me force à aller chercher mon repas, et je file à l’appartement rejoindre les copains et prendre une douche et me forcer à manger.

JE SUIS FINISHER DE LA MARMOTTE 2019 DES ALPES !!!!! »

Auto Cycle Sottevillais

Bravo et Félicitations à Laurent LECOIFFIER et à toute l’équipe ACS pour avoir réussit cette Grande Aventure : LA MARMOTTE des Alpes.

La Marmotte 2019, une Grande Aventure (par Laurent Lecoiffier) : (2ème chapitre)

Voici le 2ème chapitre racontant le déroulement vu de l’Intérieur de La Marmotte 2019 au sein de notre équipe ACS dans les Alpes, une Grande Aventure sportive et humaine (par Laurent Lecoiffier) :

« Vu que je suis dans les premiers du groupe des coureurs de plaques comprises entre 4000 à 10000, les premiers km se firent presque à reculons pour moi et perds place sur place Micka (Dos Santos) me double et m’encourage, et j’en double très peu. Je monte le col pas trop mal, je ne pense pas avoir tapé dans mes ressources et même dans les derniers km je redouble des coureurs par dizaine. En haut à 1999 mètres, au premier ravitaillement un vrai bouchon que bison futé m’avais pas signalé sur la route. J’essaye de l’éviter en passant dans l’herbe style cyclo-cross, je ne sais si j’ai gagné du temps lol.

La descente, un réel plaisir, le chrono est arrêté par les Organisateurs, car juger trop dangereuse, je m’éclate, j’en double, je lâche les freins, j’arrive très vite en bas, je vois un groupe, je sprint pour le rattraper, mais je vois un autre groupe, alors rebelote, et encore un, ainsi de suite pendant 6-7 km à bloc puis je trouve un groupe qui roule à mon rythme, alors avec 5 autres mec on passe des relais appuyés à 40 km/h avec vent un peu de côté, et on en double, peut être 400 ou 500 coureurs peut être plus dans la vallée de Maurienne.

Arrive le Col du Télégraphe (12 km) , la chaleur est déjà là, par chance une bonne partie est ombragée.. Je grimpe bien les 6 premiers km, je force pas 34-30 ou 34-27 (braquet), je double et redouble, puis arrive la partie au soleil, la chaleur est là… terrible, je me sens complément vidé, plus de force, je divague un peu ; le 34-34 me sert pour la première fois, gérer, manger un peu, ça ira forcement mieux après, ce dire c’est juste un moment pas terrible qui va passer. A 2 km du sommet, je pause pied à terre, houlala, pas bon, je bois beaucoup, je m’étire car le dos me fait très mal, 88 km parcourus sur 174 alors je ne rigole pas trop, je regarde un peu en bas du col, et je vois des milliers de fourmis qui grimpent cela me rassure, t’es pas le dernier, t’as un mental de résistant (SPREDBREZELOUR) et je repars, j’arrive en haut du sommet du col de Télégraphe, aucun ravitaillement en solide, je fais la gueule, je me pause 5 min pour quelques photos ,remplissages des bidons, coupe-vent remis, et je descends sur Valloire, nous sommes km 90 et il en reste 84…….

Valloire, je cherche désespérément le ravitaillement solide qu’on m’avait dit la veille, je le trouve pas, je fais la tronche, car mon état est pitoyable …. Puis tout à coup ravitaillement à 1 km : sauvé ; et là une marée humaine, des vélos, des vélos et encore des vélos, et là je me lâche : camembert, orange, pâtes de fruits, barre, j’en met aussi dans les poches, pause de 10 minutes, pas plus car après tu repars plus ou mal, les 3 bidons de nouveau remplis et on attaque le Galibier !!!!. Le soleil tape fort car il est 12h51, bref au plus chaud.

18 km de col, ah le Galibier, col mythique qui atteint 2600m, c’est ici que j’ai vu pour la première fois une marmotte lors du stage de préparation que j’ai fait en juin dernier avec l’équipe ACS !!!!

Les premiers km je suis au top, je remonte plein de mecs et de nanas (impressionnant le nombre de femmes sur cette épreuve respect !)

Km 6, petite pause pour photos, c’est trop joli, photo. Km 10 environ on prend un grand virage à droite, et on commence à distinguer les lacets et à partir de maintenant cela grimpe à une moyenne de 8 ou 9 %. Cela devient très dur, le dos tire, je pense à tous et à rien, à ma maman, partie dans un autre monde. Les larmes commencent à tomber toute seules, pas bon, Lolo on se ressaisit… 6 km du somment, je m’arrête je peux plus, ouille pas bon bis , je marche un peu comme beaucoup mais sur 10 m environ, cela me fait du bien et je remonte, je vais faire cela 5 fois de plus pour m étirer le dos : cet hiver, piscine et gainage obligatoire !!!!!

1 km du sommet, beaucoup de monde, on tourne à gauche, pour les derniers lacets très très durs, les encouragements sont là, on y croit, enfin on voit le sommet, délivrance, on est au km 124. Il en reste 60 km don 47 km de vallée descendant ou de plat, le moral remonte….. Plein d’eau, coupe-vent et je repars, je ne reste pas longtemps !!!

A partir de ce moment, je suis euphorique, je descends malgré le vent de côté comme un malade 50-12 de nouveau avec des piques de 80 km/h, je double et redouble, allez 500 – 600 – voir plus peu être, personne n’arrive ou veux crocher ma roue, un bip bip aux copains à bloc à bloc je me dis je vais faire un super temps, l’Alpes je l’ai monté en stage en juin sous les grêlons et j’avais mis 1h15 alors je me dis qu’il restera environ 1h20 d’effort et c’est finis…..

A suivre… (3ème chapitre dans prochain article).

La Marmotte 2019 vue de l’Intérieur (par Laurent Lecoiffier) : (1er chapitre)

La Marmotte est non seulement une grande et prestigieuse Cyclosportive mondialement reconnue, mais aussi une Belle Aventure pour Cyclistes Passionnés comme nous le raconte Laurent LECOIFFIER au sein de l’équipe ACS engagée cette année et dont voici son récit ci-dessous : (1er chapitre)

« 4h45…. Dring, le réveil de Ludo (Desblaches) se met en route, on est dimanche 7 juillet 2019. J’ai 39 ans et 364 jours, je suis toujours brun, je fais toujours 1m92 (enfin je crois) et je fais 99 kilos en partant à la montagne soit 3 jours avant.

C’est l’heure, le moment de vérité, le jour avec un grand J. Un rêve qui peut être une réalité… Je suis dans le brouillard, je vois @babass (Seb Letourneur) qui sort du lit en premier avec Ludo. Le Padré (Thierry Lecourt) qui me sort qu’il a mal dormi, et qu’il s’est levé 5 fois, parce que j’ai ronflé (pas dans mes habitudes mais c’est vrai que la veille j’étais très mal, très fatigué, des douleurs à la tête toute la journée). Bref tout le monde se lève même mon petit Benji (Lecourt), ils partent tous pour déjeuner, moi j’en profite pour m’habiller.

Je les rejoins, je dis bonjour à tout le monde, cela parle peu… 6h la moitié du groupe est prêt (très peu mangé, une banane et une tranche de brioche) on prend une belle photo sur le balcon et à 6h15 Ludo, Padré, Babass et moi nous descendant l’Alpe d’Huez pour être sur la ligne de départ qui sera donné pour nous à 7h30.

6h40 sur la ligne, on attend, on pense que cela va être long, mais non on discute de tout et de rien et d’un seul coup, un coup de sifllet, c’est le moment que le motard nous communique pour nous tenir prêt, d’un seul coup plus de bruit, certains jettent carrément coupe-vent, ou chasuble sur les bas-côtés.. (y a des riches). On fait un petit tour dans Bourg d’Oisans et on arrive dans le centre du village avec AC/DC (musique), tout de suite cela donne de la motivation.

7h50 le départ est donnée !!!!!!!!!!!!!!!!!!!,c’est parti pour 15 km environ de vallée descendante, j’en profite pour remonter les coureurs et me placer en 5 ou 6ème position et de redoubler tous les ACS et même Vincent (Vittecoq) qui avait réussis à se faufiler… Km 4, des Hollandais emmènent le groupe et me demande de passer, allez hop j’emmène tout le monde, je fais tomber les vitesses, et je suis déjà tout à droite 50-12 (braquet), et la moyenne monte, je suis dans mon élément, le plat…..

Premier virage à droite, nous sommes à 2 km du pied du Glandon, les premiers supporters sont ici, des blonds et blondes non français comme 88 % du peloton (impressionnant), on entend good luck, we can et autre, ça motive.

Panneau à droite, sommet du Glandon à 30 km c’est réellement parti, on grimpe après avoir déliré avec un Piranha de Dieppe (club de Triathlon), et oui les Dieppois étaient sur la Marmotte aussi, je me laisse descendre pour atteindre le barrage du Verney.  En haut nous sommes à 24 km du sommet et cela redescend, du coups allez hop on remonte tout le peloton par la gauche, un coucou à mon nouvelle ami Dieppois et je mène le groupe sur 500 mètres (cela à bien fait rire les potes de l’ACS).
A partir de maintenant, savoir gérer …… »

A suivre : 2ème chapitre dans prochain article.